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ANALYSE À LA UNE ·

Alliances d’alliances : combien d’organisations indépendantes derrière les grands noms ?

Les liens entre la présentation publique de Tojagić, Tracia et la Bourgogne française : faits documentés et questions ouvertes.

Illustration symbolique générée avec l’IA. Elle ne représente ni personnes réelles, ni siège réel, ni effectif établi.
Illustration symbolique générée avec l’IA. Elle ne représente ni personnes réelles, ni siège réel, ni effectif établi.

1. Multiplier les noms ne garantit pas l’indépendance

L’énumération de grandes loges, conseils suprêmes, académies, ordres chevaleresques et alliances internationales peut donner une impression de forte assise institutionnelle. Elle ne dit pas combien de personnes distinctes, de directions indépendantes et d’organisations actives se trouvent derrière ces noms.

L’Académie revendique plus de 30 grandes loges propres, sept conseils suprêmes et un projet réunissant 20 alliances maçonniques européennes. La biographie de Tojagić mentionne une alliance de dix alliances et 25 académies du monde secret. Ce sont des déclarations des intéressés. Loges, alliances, académies, degrés rituels et associations déclarées ne peuvent être simplement additionnés.

Une loge peut appartenir à plusieurs alliances et une personne exercer plusieurs fonctions. Des rites ou territoires différents peuvent justifier cette organisation. La question se pose lorsque le nombre de noms sert de preuve d’autorité sans explication de leur autonomie.

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2. Tracia : un lien documenté, pas une preuve de copie

Selon son site, la Grande Alliance Maçonnique Tracia a été fondée à Brașov le 4 avril 2017. Elle cite parmi ses fondateurs Michel Picandet, George Petrescu, Catalina A. Georgescu, Enzo Polimeni et Alexander Rybalka. Sa liste de membres comprend la Grande Loge Nikola Tesla en Serbie.

La Dacia roumaine présente Picandet comme grand maître mondial du SSD. Ces sources documentent des liens et fonctions publiquement déclarés. Elles ne prouvent ni que Tojagić dirige tout le réseau ni qu’il en a copié le système. Une copie devrait être étayée par des statuts datés et une comparaison de textes précis. La reconnaissance mutuelle n’est pas une reconnaissance universelle.

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3. Bourgogne : deux associations et une adresse commune à vérifier

La Bourgogne ne désigne pas une seule personne morale. Un avis officiel français mentionne la déclaration de la Grande Loge Symbolique Burgonde — GLSB (W912002871), le 22 janvier 2010 à Viry-Châtillon. Un autre concerne le Souverain Sanctuaire des Marches de Burgondi (W213001680), déclaré le 12 décembre 2014 au 8, rue Saint-Baudry à Étalante.

L’annuaire Cerfapp indique désormais aussi cette adresse pour la GLSB. C’est une piste de domiciliation commune, malgré des sièges initiaux différents. L’avis officiel de transfert de la GLSB n’a pas été obtenu. Une adresse commune ne prouve pas le caractère fictif d’une association : gouvernance, membres et financement restent à examiner.

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4. Les différentes fonctions de Picandet

Le site de l’ordre chevaleresque OESB décrit le rôle de Picandet dans son développement. La biographie de Tojagić sur Zakazime mentionne une appartenance à l’OESB. Il s’agit d’un lien publiquement revendiqué, pas d’une confirmation indépendante de chaque titre.

La Grande Hiérophanie Mondiale indique comme inactif son accord de 2011 avec le sanctuaire de Bourgogne. Une rupture avec cette organisation ne prouve pas une exclusion du Grand Orient de France (GODF). Aucune confirmation fiable de cette exclusion alléguée, ni d’un schisme du GODF à l’origine de la Bourgogne, n’a été trouvée.

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5. Une société ne constitue pas tout le réseau

CompanyWall indique que la société International Esoteric Academy doo Novi Sad a été créée le 14 août 2024, sous le numéro 22037331, avec Dragan Tojagić comme dirigeant et associé unique. Cette information provient d’un agrégateur commercial, non d’un extrait APR obtenu directement.

La propriété de cette société ne démontre pas le contrôle de toutes les loges, alliances ou ordres cités sur son site. Une immatriculation récente ne tranche pas non plus la question d’une tradition ou activité antérieure.

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6. Les conditions d’une vérification sérieuse

Combien d’organisations décident de manière autonome et peuvent demander des comptes à leurs dirigeants ? Cette vérification n’exige pas de publier des listes privées de membres : des chiffres agrégés vérifiables et des règles claires peuvent suffire.

Les sources permettent de décrire un réseau à plusieurs niveaux et certains dirigeants récurrents. Elles ne permettent pas d’affirmer que toutes les organisations sont des façades ou regroupent les mêmes dix personnes. La confiance suppose de savoir qui décide, au nom de qui et sous quel contrôle.

  • Statut juridique et numéro d’enregistrement, le cas échéant.
  • Direction actuelle, mandats et procédures de nomination ou révocation.
  • Effectifs actifs et explication des appartenances multiples.
  • Compétences des alliances et obligations résultant des accords.
  • Obligations financières des membres et contrôle des dépenses.